Huit étapes mariales de Miséricorde.

« Si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous. Si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous sommes sans péché, nous le faisons menteur, et sa parole n'est pas en nous » (1 Jn 1, 8-10).

 

Souvenons-nous, en ces jours Saints, que la Croix, l’Hostie et la Vierge Marie sont les trois grands mystères intimement liés et vraiment indissociables.

 

La Sainte Vierge est l’éducatrice de notre foi, elle nous engendre chaque jour dans cette foi et l’amour pour son Fils Jésus qui nous l’a donnée pour Mère (Jn 19, 27).

 

Alors, regardons-la, dans une dévotion libératrice. Elle va nous aider, non pas à « confesser » d’abord notre péché, mais à le regarder en considération de Celui qui est la « Lumière du monde » (Jn 8, 12), de Celui qui est le « Prince de la Paix » (Is 9, 6).

 

Cette femme, bénie entre toutes (Lc 1, 42), avouons que nous ne la connaissons que trop peu. Alors, encore et encore, regardons-là, écoutons-là et suivons-là. Elle est le plus sûr chemin vers Jésus (Cf. St L-M Grignon de Montfort).

 

Aussi, permettez-moi de vous proposer huit points d’attention à la Très Sainte Vierge Marie comme, en quelque sorte, huit « étapes mariales de Miséricorde » …

 

1 - C’est grâce à son humilité, à son « Oui » libre, à sa foi et à son obéissance (Lc 1, 38), que le Sauveur est venu en notre chair.

 

- Où en est notre écoute, notre rumination quotidienne de la Parole de Dieu ? (RB 48 et 49)

 

- Où en est notre propre humilité ? (Aidons-nous du Ch 7 de la Règle).

 

- Où en est notre « Oui » baptismal, notre « Oui » prononcé, à telle ou telle occasion : mariage, appel du Seigneur, ordinations, consécration, vœux etc …

 

- Où en est notre « labeur de l’obéissance » (RB Prol verset 2 et RB 5) ?

 

2 - C’est grâce à son « Oui » que Marie a participé de manière spécifique à la révélation de la Miséricorde depuis l’Annonciation, la Visitation et au-delà …

 

- Où en sont nos « Annonciations » de l’Evangile de la Joie par nos « Visitations » physiques ou spirituelles à nos frères et sœurs en humanité ? Sachons-le, un catho qui ne missionne pas est un catho qui démissionne !

 

Préférons-nous un silence penaud plutôt que le risque du témoignage ? N’ayons pas peur : celui qui aime, risque ; celui qui ne risque pas, n’aime pas !

 

3 - C’est grâce à sa joie « magnificat-ement » exprimée en reconnaissance de la miséricorde de Dieu qui « s’étend d’âge en âge » (Lc 1, 50), que nous pouvons accueillir et vivre de la Joie de l’Evangile ;

 

- Où est notre « Magnificat » quotidien ? Somme-nous des cathos tristes ? Compassés ? Sans spontanéité ? Un saint triste n’est-il pas un triste saint (cf. St François de Sales). Ou d’une raideur exagérée (la rigueur, oui ; la raideur, non !) ?

 

4 - C’est grâce à sa douce autorité maternelle qu’à Cana, en Galilée, elle montre son pouvoir d’intercession auprès de Jésus (Jn 2, 11).

 

- Cana = Festin de noce : Où en est notre attitude face à l’Eucharistie et notre façon de communier ? « C'est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange du pain et boive de la coupe ; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même » (1 Co 11, 27-29).

 

- où en est notre prière pour nos frères et sœurs qui ne peuvent recevoir l’Eucharistie : chrétiens séparés, malades, personnes âgées, exilés, divorcés-remariés, chrétiens en pays d’Islam et/ou d’islamisme, ou en pays subissant l’intégrisme hindou …

 

- Cana = Intercession de Marie : Où en sommes-nous dans notre propre prière d’intercession ? Nous préoccupons-nous seulement de nous-mêmes ?

 

- En particulier, portons-nous la souffrance de nos frères et sœurs chrétiens (et des autres minorités) persécutés, « déplacés », expulsés, démunis ; de ces femmes violées, vendues ?

 

- Prions-nous, comme Jésus nous le demande, pour nos frères en humanité qui nous persécutent ? Prions-nous pour notre pays ?

 

5 - C’est grâce à la présence de Marie au pied de cette Croix sur laquelle meurt son Fils pour la rédemption des hommes, que nous sommes assurés de sa présence à nos côtés, sans relâche, quoiqu’il arrive.

 

- En ces jours saints, posons-nous la question : où en est notre accueil de la Croix du Christ, de nos croix personnelles ?

 

- Où en est notre présence active auprès des personnes qui souffrent ? Présence de prière, de compassion, d’action, de silence d’amour complice …

 

- La Croix du Christ est le lieu où le croyant est délivré de ses fardeaux et de son péché : Marie ne nous demande-t-elle pas de prier pour les pécheurs ?

 

6 - C’est grâce à sa présence priante auprès des Apôtres (Ac 1), elle qui est le Temple de l’Esprit, que l’Eglise naissante a été accompagnée à la Pentecôte (Ac 2).

 

- Où en sommes-nous de notre accueil, de notre refus ou de notre tiédeur vis à vis des dons de l’Esprit-Saint ? Prions-nous l’Esprit-Saint ou arrêtons-nous à Jésus, ou au Père ? Avons-nous une prière bancale ou trinitaire ?

 

- Où en est notre amour de l’Eglise, Corps du Christ continué dans l’histoire ? Tombons-nous parfois dans cette bizarrerie bien connue : « Le Christ, oui ; l’Eglise, non » ?

 

7 - C’est grâce à sa coopération à l’œuvre rédemptrice de son Fils « qu’il nous a été donné d’être fils adoptifs » (Ga 4, 4) ;

 

- Où en est notre propre coopération à cette œuvre rédemptrice du Fils ? Participons-nous, par notre prière, nos paroles et nos actes, à la libération de nos frères et sœurs en humanité ?

 

8 - Enfin, c’est grâce à son Assomption, qu’emportée au Ciel, elle intercède pour nous auprès de Dieu. Et depuis, son intercession est incessante.

 

- Où en est notre prière pour nos défunts ?

 

- Où en est notre prière pour ces oubliées, ces exclues de notre vie spirituelle, parfois, que sont les âmes du purgatoire ?

 

- Prions-nous aux intentions de la Vierge Marie ?

 

N’hésitons pas à confier au Seigneur et à sa miséricorde tous ces fardeaux qui nous plongent dans le doute, la désespérance, la tristesse, la colère, l’amertume avec, en finale et pour conséquence, le repliement sur soi et la fermeture aux autres.

 

Jésus veut nous libérer de nos tensions, de nos angoisses. Il veut nous donner le repos et la paix (cf. Is 9, 6).

 

Prions : « Ô Marie, notre Mère, nous vous le demandons humblement, couvrez nos âmes de votre manteau virginal en ce moment si important de nos vie (qu’est l’accueil du pardon de Dieu), afin que nous devenions plus agréables à votre Fils, et que nous puissions dignement glorifier sa miséricorde à la face du monde entier et pour l’éternité ». (D’après Ste Faustine, PJ N° 220)

Amen.

 

(P. Alain-Marie RATTI - Abbaye de Fleury, Célébration pénitentielle, Jeudi Saint 2015)